Enfer Fashion : le livre choc sur le métier de bookeur

Ancien bookeur dans une grande agence de mannequins, Benedetta Blancato à décider de lever le voile sans langue de bois sur le milieu à travers son livre enfer fashion. 

Pour rappel, le secteur de la mode en France pèse 145 milliards d’euros, génère 600 000 emplois directs et un million d’emplois indirects. C’est aussi 1,7% du PIB français. 

Cependant, travailler au sein de cette industrie n’est pas toujours simple qu’on soit mannequin ou  bookeur. 

Je vous propose donc de découvrir les coulisses de la vie de bookeur. 

Si les témoignages de mannequins sont assez nombreux au sujet de l’envers du décor, ceux des bookeurs, sont quand à eux, beaucoup plus rares. 

Cette semaine nous allons voir en quoi consiste exactement le métier de bookeur. Et les semaines suivantes nous verrons la face cachée de ce métier; la vie quotidienne des mannequins et également ce qui permet à certains mannequins de devenir des stars. Je ne manquerais pas aussi de vous donner mon avis sur le livre! 🙂 

 

 

Le métier de bookeur 

 

Dès les premières lignes, Benedetta informe le lecteur qu’elle ne pouvait pas tout dire sans cadre. 

“J’ai choisi d’être raisonnable. J’ai maquillé certains détails, changé des noms, brouillé des pistes pour protéger ceux qui m’ont permis d’écrire ce livre.”

Elle souligne aussi la difficulté pour elle d’obtenir l’autorisation de collègues de partager leurs témoignages dans son livre. 

“Ils étaient constamment tiraillés entre le besoin de balancer et l’envie de garder l’anonymat”.

Elle avoue aussi :

“J’ai pris la fuite rapidement. Pas aussi vite que je l’aurais souhaité, mais je ne m’en suis pas trop mal tirée. Un nombre non négligeable des personnes que j’ai croisé et laissé dernière moi a fini par craquer, à un moment ou à un autre : hospitalisation pour épuisement, ulcères, licenciement et menaces d’homicides doublée d’un jet d’agrafeuse, dont on attend toujours de connaître la suite légale”. 

Selon Benedetta, la vie de bookeur n’est pas si d’être rose. Nous allons donc voir le rôle du bookeur et pourquoi ce métier au contact des mannequins n’est pas simple. 

 

 

Quelle est la mission du bookeur ? 

 

Le rôle du bookeur est de gérer les plannings des mannequins ainsi que leurs contrats, de défendre leurs intérêts et leur image en négociant leur tarif au mieux. 

Voici selon Benedetta en quoi consiste le métier de booker : 

“vérifier les plannings des mannequins à Paris, marquer les contrats confirmés par les clients, ceux en attente, les castings à venir, les dates des éventuels voyages. En fin de journée, un système semi-automatisé permettait d’envoyer à chaque mannequin – N.D.L.R. il y en avait des centaines- la liste des rendez-vous prévus pour le lendemain.” 

Leur rôle est aussi de conseiller les mannequins sur leur look ou leur attitude afin d’avoir plus de succès auprès des clients. 

Les bookeurs doivent gérer les plannings très chargés en temps réels de toutes les filles dont ils s’occupent et parfois un petit grain de sable peut faire basculer tous les plans (oubli de book, métro raté, client en retard) fait tout chavirer. 

Les bookeurs savent aussi rapidement si une fille va marcher dans leur agence ou non. 

“L’oeil dont j’avais hérité me permettait d’évaluer en moins de deux secondes si une fille valait la peine, capacité utile exclusivement autour d’une table de booking mais dont on ne pouvait plus se débarrasser en dehors de ce métier”. 

Benedetta compare les agences de mannequins à des agences d’intérim. Elle explique aussi qu’Il existe au sein du booking plusieurs sortes de bookeurs. 

 

 

Les différentes catégories de bookeurs 

 

Benedetta est “bookeur image”. Elle précise qu’il existe 2 type de bookeurs, les bookeurs commerciaux qui gagnent beaucoup d’argent et font travailler des beautés évidentes unanimes et les bookeurs image/édito qui travaillent avec des beauté très atypiques et se focalisent plus sur le prestige que sur l’argent. 

Contre toute attente, les bookeurs éditos jouissent d’une meilleure “image” que les bookeurs commerciaux. Et tout un snobisme se développer à l’encontre des autres catégories de bookeurs. 

Benedetta explique pourquoi certains mannequins considérés comme pas attirants sont autant plébiscités par le monde de la mode: 

“La laideur glorifie l’idée que les gens de la mode se font de leur propre intelligence : choisir une fille disgracieuse pour en faire un mannequin, réputé si possible, équivaut à voir au-delà du banal, à posséder un pouvoir surnaturel de décerner du potentiel là où il n’y a rien d’évident, là où la masse ne voit que des dents qui se chevauchent, des côtes trop apparentes et un front rappelant les pires produits de consanguinité.” 

On sent que l’ambiance de travail est loin d’être agréable et que la bienveillance entre collègues est totalement absente. 

 

 

Un métier de rêve? 

 

Les écarts de salaire 

 

Benedetta est embauché par une agence de mannequins qui possède un chiffre d’affaires qui avoisine les 10 millions d’euros; or le salaire qui lui est proposé est vraiment très faible. 

“Comme moi d’autres novices provenant des secteurs les plus divers (la vente au détail, le graphisme, la justice, l’architecture, la com) étaient déjà passés par les mêmes aveux, prêts à accepter une paie ridicule au nom de l’apprentissage sur le tas d’un métier que le mystère rendait alléchant.” 

Benedetta signe malgré tout face à un patron qu’elle décrit comme extrêmement vulgaire et familier. Elle se rendra très vite compte que ses valeurs morales sont complètement incompatibles avec ce métier où elle devra “commercialiser des êtres humains”. 

Benedetta a 15 collègues ce qui souligne l’importance de l’agence. Selon elle, même si les assistants bookeur commencent au SMIC, elle affirme que certains bookeurs arrivent à gagner beaucoup d’argent : 

“Un bookeur peut très bien gagner sa vie, comme un ministre ou un peu moins qu’un PDG, disons 15000 euros par mois s’il joue très bien ses cartes et s’il est suffisamment aguerri, et cela sans même avoir besoin de passer quinze ans à attraper une scoliose sur les bancs de l’école.”

D’après elle, certains bookeurs qui ont gagné plus de 4000 euros net par mois à un moment donné de leur carrière revendiquent la découverte de nombreuses filles figurant dans le top 100 des mannequins les mieux payés ce qui n’était pas toujours vrai. 

Les écarts de salaire au sein de cette profession sont donc très prononcés ce qui explique en partie les tensions et la compétition en interne. 

 

 

Les rivalités entre bookeurs 

 

Benedetta décrit tout au long de son livre une ambiance électrique pas épanouissante.  

Disputes, jalousies, suspicion entre collègues sont le lot quotidien des bookeurs selon la jeune femme. 

“Je n’allais pas tarder à constater que les disputes étaient une composante essentielle du travail, au même titre que la vérification des tours de hanches et les trois x en guise de signature”. 

C’est une vraie guerre entre bookeurs pour récupérer les meilleurs magazines, les plus prestigieuses maisons de couture… et elle est sans pitié. Benedetta ne cherche pas à écraser ses collègues et récupère les moins intéressants. 

Une de ses collègues essaie même de la mettre sur la sellette. 

Cette compétition féroce se retrouve aussi entre les différentes agences de mannequins.

 

 

 

La guerre avec les autres agences de mannequins 

 

Benedetta souligne les rivalités très fortes qui existent entre agences et l’influence énorme de certaines agences dans le milieu qui laissent très peu de chance aux plus petites agences. 

Les mastodontes sont donc  IMG, FORD, WILHELMINA, NEXT et ELITE . La plus impressionnante restant IMG 

“Pour se faire une idée de son influence, en 2013, IMG a réussi à passer un accord avec Vogue Australie pour obtenir l’exclusivité des couvertures pendant cinq mois”. 

IMG possède l’agence Art + commerce qui représente de grands photographes de mode tels que Steven Meisel et Patrick Demarchelier, l’agence de pub Droga5, l’agence de représentation de styliste appelé Wall Group. 

Mais ce n’est pas tout IMG possède aussi via sa branche “events” les fashion weeks de treize pays dont New York, Milan et Londres. 

Rappelons que les 4 fashion weeks les plus importantes dans la mode sont New York, Londres, Milan et Paris. 

 

 

 

La Fashion Week 

 

À Paris, il y a 4 semaines de la mode par an :

En janvier et juillet (haute couture), puis en mars et septembre (prêt-à-porter). 

Et qui dit Fashion Week signifie pour les mannequins comme pour les bookeurs un mois de travail sans pause. Les bookeurs travaillent 7 jours sur 7 et sont épuisés tout comme les mannequins.  

“On n’avait pas le temps de se demander si cela avait encore du sens, si cela était légal d’enchaîner des journées de plus de quinze heures du lundi au dimanche.” 

“Le plus déprimant, ce fut de constater que mes collègues raffolaient de cette période. Ils se sentaient comme dans un remake du Diable s’habille en Prada, fiers de ne pas décamper avant deux heures du matin de l’agence, de se faire insulter et d’insulter à leur tour, de mettre en danger leur santé mentale pour montrer au client que quelqu’un était toujours de garde, prêt à répondre au téléphone fixe- les portables c’est de la tricherie à portée de tout le monde. Ils en rigolaient.” 

Toutes ces heures ne sont récompensées que par quelques jours de repos lors de périodes calmes. 

 

 

Nous avons donc vu les principales caractéristiques du métier de bookeurs. La semaine prochaine, nous verrons l’évolution du métier de bookeur ainsi que des pratiques étonnantes auxquelles ont recours certains d’entre eux. Nous nous intéresserons aussi aux personnes avec lesquelles le bookeur travaille le plus. 

 

 

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